06 juillet 2006

Le début d'un long voyage...


Logroño – Saint-Jacques de Compostelle ÉTÉ 2006


Ce projet est venu à la suite de commentaires de gens (Francine, Marie-Anick et Luc) qui ont fait ou qui allaient faire compostelle. En les écoutant raconter leurs histoires, je ressentais une énergie dans tout le corps qui me disait que j’aimerais vraiment faire cette aventure.

Comme je n’avais pas de projet pour l’été 2006, je suis allée directement à l’agence de voyage La Rose des vents sur Mont-Royal m’acheter un billet d’avion, direction l’Espagne.

J’ai commencé à préparer mon voyage en janvier 2006. Entre Internet, les livres et le bouche à oreille, j’avais de quoi me renseigner.

J’avais plein de choix à faire, soit l’achat du sac à dos, des bottes de marche ou des souliers, un ou deux bâtons ou pas du tout, les bouchons pour les oreilles, les chaussettes, les vêtements, la crème solaire, les produits de toilette, etc. Bref, des décisions très importantes car cela change l’allure du voyage.

J’ai rempli mon sac à dos et j’avais l’impression de voyager comme un gars car pas de place dans mon sac pour le maquillage et le démaquillant, pas de bijou, pas de produit pour les cheveux, l’essentiel sans artifice.

Et j’ai décidé de ne pas prendre d’appareil photos, de Ipod ou MP3, de cellulaire, plutôt revenir à la base de la simplicité volontaire.

Je pars à l’aéroport bien excitée à l’idée de ce voyage et sans attente.


Envoyé : Le 6 juillet 2006
Objet : Je suis arrivée!

Bonjour à tous,

Vol Montréal – Zurich : Je viens d'arriver à l'auberge. Le vol fut très beau, sans turbulence et la nourriture excellente. Chacun sa petite télévision devant lui et sa télécommande. J’ai joué tout le vol. Avant la descente, au lieu d'un bonbon nous recevons une petite palette de chocolat suisse. La compagnie a trouvé le bon moyen pour que je parle d'elle en bien.

Zurich – Madrid : Et sur l'autre vol, j'ai eu droit à un petit repas et avant la descente, à un ballon de soccer en chocolat. Vive Swiss!

Cela m’a pris plus de 24 heures de transport, entre les avions, les autobus et pour finir j'ai dû marcher pour trouver l'auberge. À la station d’autobus, j’ai demandé à un employé de me donner le plan et de m’indiquer le chemin. Après plus de 5 kilomètres, je me suis aperçue que je n’allais pas dans la bonne direction. En fait, j’aurais dû lui dire que je voulais aller à l’auberge au lieu du chemin de Compostelle. J’ai dû rebrousser chemin pour enfin trouver un lit. Je crois que je vais dépasser mon nombre de kilomètres prévu.

Je repars en marchant car je dois m’acheter à manger (des noix, des fruits pour demain) car je n'ai rien mangé de la journée, le décalage me dérange l'estomac. Mon lit est dans le grenier, c'est très bien organisé et très chouette. Nous sommes déjà 6 dans la chambre. Trois gars et trois filles, le festival des ronfleurs débute ce soir.

J’ai parlé avec une dame qui a son lit à côté du mien. Parler est un grand mot car elle ne parle ni anglais, ni français. J’ai compris que cela fait 4 jours qu’elle marche avec une amie. Elle doit bien avoir 60 – 65 ans. Je lui demande si cela est possible que demain matin je la suivre. Elle me dit que oui.

Tiens, j’entends les cloches de l'église sonner, c'est vraiment génial... Je vais m'en mettre pleins les yeux et les oreilles !

J'ai bien hâte à demain pour commencer le long chemin....

Je suis bien nerveuse… je rêve, pas une mais bien trois fois à mon départ. Et chaque fois que la dame bouge à côté, je suis sûre que c’est l’heure du lever. Et un moment, la dame se lève prend sa trousse de toilette et elle descend aux toilettes. Je me lève aussi, bien réveillée et surtout excitée. Quand je rentre dans la salle de bain, elle se lave le visage et se brosse les dents. Je lui demande quelle heure il est. Sa montre indique 2h30 du matin. Elle est sûre que sa montre est arrêtée et je vais voir dans la cuisine et il est vraiment 2h30. Je me mets à rire et je retourne au lit plus calme.

Le 7 juillet 2006

Le matin arrive enfin et je me prépare (je ne sais pas comment mais…) et finalement la dame est tellement lente que je pars avant. Je rencontre une Hollandaise (Tini) et je pars avec elle.

Mon baptême du chemin commence et celui d’un stage d’anglais (je vais le découvrir en chemin) aussi.

Nous marchons et on rencontre Peter qui vient d’Allemagne. Nous marchons à trois, toujours en anglais.

J’arrive à la première étape il est vraiment très tôt. Je décide de continuer jusqu’à la prochaine étape. Quand j’y arrive enfin, cela fait 35 kilomètres que je marche. J’ai les muscles des cuisses en feu, Peter m’encourage tout au long des derniers kilomètres.

Je suis très fière de moi car pour toutes les informations que j’ai demandées (en espagnol), j’ai eu droit à de bonnes réponses : ils semblent me comprendre. Soit ils sont charmants ou bien que je parle mieux que je le crois.


Ah, les pieds!

Envoyé : 11 juillet 2006
Objet : Ah, les pieds!
Hola amigos y amigas,
Tout d'abord, merci pour tous vos bons messages. Ils vont m'aider à continuer. Je vais très bien... sauf les pieds. Je fais une collection d'ampoules… même Costco n’en a pas autant et serait jaloux. Mes fins de journée sont dures. Je n’ai pas mal aux muscles mais bientôt c’est la fatigue qui s’empare de mon corps et aussi de mon esprit, sans oublier mes pieds.
Le matin quand je me lève tout va bien, mais je ressens quand même une petite angoisse en regardant mes bottes. Car les /&$·%()%&$/ des 4 derniers kilomètres je souffre comme jamais.
J’ai l’impression de me sentir comme Hulk quand il se transforme et que le cuir des chaussures éclate pour laisser toute la place à ses gros pieds verts. (Soyez rassurés, je ne deviens pas verte) Soit que mes bottes rapetissent, soit que mes pieds deviennent énormes… Je ne sais pas comment j’endure cette souffrance, est-ce que le chemin nous donne une force ? Sûrement!
Quand j’arrive enfin à une auberge, j’enlève mes bottes et je mets mes sandales mais cela n’est pas aussi confortable que vous pouvez l’imaginer… car les lanières de mes sandales frottent sur les ampoules et je ressens une autre sorte de douleur qui, elle non plus, n’est pas agréable. Je suis prise dans un cercle vicieux.

Le moral est bon car je ne vis pas une journée pareille, je rencontre plein de gens. Les paysages sont merveilleux, des champs de vignes à perte de vue. Amateurs de vin espagnol ne vous inquiétez pas car il y avait plein de raisins dans les vignobles qui feront une bonne récolte et surtout de bonnes bouteilles.

Après les vignobles, je suis passée par des champs de blé... c'était à couper le souffle. Tout était jaune-beige… et quand le vent se met à jouer avec le blé, cela donne une douce musique à mes oreilles. Je n’aurais jamais imaginé m’extasier à entendre ce son.
J’aime beaucoup ces chemins qui montent, qui tournent à droite et des fois à gauche, qui redescendent et surtout le fait que je ne vois pas bien loin devant moi, cela me laisse une surprise à chaque tournant. Bref, j'ai déjà fait 5 jours de marche et je totalise 120 kilomètres. Mine de rien, j’avance!
Chaque journée a sa part de surprise. Je m’explique : chaque jour je m’arrête dans une nouvelle ville, avec une nouvelle auberge, une nouvelle chambre, un nouveau lit, une nouvelle douche et un nouvel endroit pour laver le linge. Est-ce que j’aurai le lit d’en bas (ce qui est plus pratique pour faire son sac et partir le matin tôt) ? Est-ce qu’il y aura de l’eau chaude pour la douche ? Bref, des petites questions bien simples qui prennent une place importante sur le chemin.
Toutes les auberges où j’ai dormi à date sont très belles. Peut-être à part Nájera car nous étions 92 dans le même dortoir qui était rectangulaire avec des lits superposés. Mais les autres sont très belles. À Santo Domingo de la Calzada, j’ai dormi dans un vieux monastère, un édifice du 18e siècle. Es una edificación del S. XVIII contigua a la iglesia de la Abadía, situada en el propio Camino de Santiago, hoy calle Mayor.
Ensuite, à Belorado, mon lit était situé dans une chambre aménagée dans un grenier avec de beaux couvre-lits et des poutres au plafond qui lui donnaient tout son charme. Voici l’adresse de l’auberge :

Le matin, le petit-déjeuner était gratuit et abondant. Il y avait une affiche sur une grosse cruche en verre située au-dessus de la table (dont j’ai adoré le sens) qui nous disait que le don laissé par nous ce matin, était pour permettre l’achat du petit déjeuner du lendemain.
Et maintenant, c’est au tour de la montagne de prendre place sous mes yeux. Comme elle monte et monte... mais c’est mes jambes qui me le disent. Il fait très chaud et je dois m’arrêter souvent… la marche est longue.
J’arrive enfin et tous les gens rencontrés sur le chemin sont autour d’une fontaine et quand Allison me voit elle m’applaudit car elle me dit après que si je n’étais pas arrivée avec ce groupe elle serait venue me chercher car elle s’inquiétait. Je lui ai demandé combien de kilomètres il restait à faire aujourd’hui, elle est partie à rire en me disant que j’étais arrivée à la fin de la journée. YOUPI! J’étais tellement contente et épuisée. J’ai fait valser mes bottes pour mettre mes pieds dans la fontaine, quel bonheur ! Son mari (Barry) a pris ma credencial pour me réserver un lit et me permettre de vivre jusqu’au bout mon bonheur d’avoir les pieds dans l’eau. J’étais arrivée à la ville de San Juan de Ortega. Petite, petite ville avec seulement 24 habitants et une seule rue. Voir photo en dessous.



Je sais que certains me suivent sur une carte, je vous annonce que je suis à Burgos. J'ai visité la cathédrale cet après-midi, quelle visite! Elle est très grande et magnifique. Mais malheureusement, c’est la douleur des pieds qui sera associée à ce monument. Je crois avoir atteint mon seuil dans la douleur…

Pedro m’aide à me rendre à l’auberge car je n’en peux plus. J’ai ressenti une douleur à la hanche… ah non, qu’est-ce que j’ai ? Après un arrêt sur un banc et quelques étirements, je pars avec seulement mes pieds qui hurlent. Je prends une journée de congé demain car mes pieds ont décidé à ma place.

Ce qui est intéressant dans cette aventure, c’est que d’une ville à l’autre le hasard fait que nous développons un sentiment d’amitié avec plein de gens. On devient un groupe sans en être un. On parle à certains, on en salue d’autres. Dès que nous sommes sur le chemin, on se salue en ajoutant toujours buon camino et on s’encourage, que ça soit en plein chemin, dans un restaurant, dans une halte, rendu à l’auberge, bref c’est très chaleureux.

Si tu t’arrêtes sur le chemin, tout le monde s’arrête et il s’assure que tu vas bien et te propose ce qu’il a dans son sac à dos qui pourrait t’être utile. Malheureusement, avec mon arrêt de demain je perds tout mon monde et je me relance dans la nouveauté. Je suis bien triste, mais mes pieds ne veulent plus rien savoir de moi ou plutôt de marcher.

Messages en rafales:

Roxane tu aimerais tellement les paysages, je les regarde deux fois... une fois pour moi et une autre pour toi.

Sylvie et Daniel, bon voyage! Que la Tour Eiffel vous charme, ainsi que la Normandie.

Vive les Italiens! Grand champion de la coupe de soccer. J'ai vu la première demie avec eux. Belle ambiance!

Misko, hier j'ai vu un gars qui te ressemblait tellement que j'ai regardé à deux fois car j'étais sûr que c'était toi. Si tu dois porter des lunettes, ne t'inquiète pas car elles te feront très bien.

André, merci pour tes conseils je m'étire plusieurs fois par jour et mes jambes vont très bien. Je viens de marcher ta journée et elle était assez difficile.

Moez, est-ce bon de manger du sel? Je prends des noix non salées mais autour de moi tout le monde mange avec du sel.

Luc, je comprends très bien pourquoi tu as aimé ton voyage.

Martine, j'ai bien eu ton message, merci!

Pauvre Daniel, qui passe l'été au Québec, je vais m'ennuyer de lire tes histoires de voyage... à moins que tu m'écrives ta vie à Montréal.

Nancy, mon espagnol va pas pire mais il y plus d'anglais sur la route.

Jacques D. merci pour la journée en vélo... ah! c'est pour ça que j'ai marché aussi vite... j'étais à vélo.

Pour m'encourager, chaque jour je choisis un ou une ami(e) pour faire la route avec moi. C'est moins long et ennuyant, j’ai l’air un peu folle car je parle avec elle et surtout je me rappelle de bons souvenirs. Donc, si vous ressentez des douleurs dans les jambes en vous levant le matin, c'est que vous avez marché avec moi toute la nuit.

Voilà, comme nous sommes plusieurs à vouloir l'ordinateur, je passe le clavier et je vous embrasse bien fort.

p.s.: J'ai presque oublié, le plus dur, c'est que depuis 5 jours je parle uniquement en anglais car tout le monde ici parle anglais... sinon, quelques mots d'espagnol. Le pire dans tout ça, c’est que les gens me comprennent très bien. Surpris, Éric!

Faire confiance à la vie

Envoyé : 12 juillet 2006
Objet : Coucou!

Bonjour,

Après vous avoir écrit le 11 juillet en après-midi, je suis partie en ville chercher des compeeds (pansements). Quand je suis revenue à l'auberge, il y avait un camion de la municipalité avec trois infirmiers venus exprès pour soigner les pieds des peregrinos.

Je dis toujours qu'il faut faire confiance à la vie. Elle vient me donner encore raison!

Après une demi-heure de soins, j'avais les pieds bien équipés de rubans. Quand j’ai demandé à l’infirmier si je pouvais avoir un billet pour me permettre de rester une nuit de plus à l’auberge, il m’a dit que je pouvais marcher sans problème. Donc, j'ai décidé de continuer à marcher. Je venais de rencontrer Hélène, une Suisse allemande, qui enfin parlait le français et Pedro, l'Espagnol, qui est avec moi depuis une journée. Et surtout, je suis contente de rester avec le groupe.

On m'a dit que le chemin se faisait en 3 étapes:

la première c'est pour le corps,
la deuxième pour l'esprit,
la troisième pour la spiritualité.

Luc, est-ce aussi ce qu'on raconte sur le chemin en France? J'ai bien hâte d'arriver à la deuxième étape !

Quand je me faisais soigner les pieds, il y avait un gars (Knut, norvégien) de l’autre côté de la table qui se faisait soigner aussi mais qui avait l’air de trouver ça très douloureux. Pour faire diversion, je lui ai dit de me parler (toujours en anglais). Il m’a demandé parler de quoi et je lui ai dit ce que tu veux. Il a compris ce que je voulais faire et il s’est mis à chanter et nous avons ri jusqu’à la fin des soins.

Je croise beaucoup de gens : Espagnols, Italiens, Hongrois, Allemands, Norvégiens, Canadiens, Vénézueliens.

La première fille avec qui j’ai parlé l’espagnol s'appelle AYARI, elle était un rayon de soleil et très gentille. Elle me faisait répéter après elle, bref elle était vraiment agréable. Figure-toi qu'elle a dû quitter le chemin, car elle a reçu un message sur son cellulaire que son neveu avait été tiré dans une rue au Venezuela. Donc, elle a pris le train et l'avion et je ne l’ai pas revue. Il y a plein d'histoires étranges sur le chemin.

Quand je suis arrivée à Hornillos del Camino, j’ai eu la surprise de voir Knut et son ami sur les marches de l’église. Quand il m’a vu, il s’est mis à chanter et à danser la claquette pour me montrer que ses pieds allaient mieux. Il m’a fait une bassine d’eau chaude avec du sel et du vinaigre pour relaxer mes pieds.

Finalement, nous avons soupé tous les trois ensemble. Soit Knut, son ami Paul et moi, nous avons beaucoup, beaucoup, beaucoup ri pendant le repas (toujours en anglais). J'étais triste de les quitter au matin. Knut m'a vraiment ravie... Juste de l'avoir rencontré, cela a fait ma journée et son souvenir restera longtemps dans ma tête. J’ai su qu’il était comédien dans son pays et je n’avais pas de misère à le croire.


Le 13 juillet

C'est la première fois que je marche et que mes pieds vont mieux. Ouf!

J'ai ralenti mon rythme. Aujourd'hui seulement 11 kilomètres mais quels kilomètres!

Il y avait des champs à droite, à gauche, en avant, en arrière et un ORAGE. Nous étions en train de traverser la Meseta. Nous avons eu peur car si la foudre tombait, comme il n’y avait rien en hauteur, on aurait dû se coucher par terre car nous étions les seuls debout. Nous, c’était Pedro, Hélène, Roberto et moi. À la première auberge, je me suis arrêtée et je ne suis jamais repartie. Mouillée, tu dis? Et que fait des pieds mouillés, des ampoules. Je ne voulais surtout pas en avoir de nouvelles, car les vieilles commençaient à perdre des watts.

Dernier au revoir à Knut, car il était dans le café lorsque je suis arrivée. Nous avons tous pris le petit déjeuner ensemble et lui, son ami, Hélène et Pedro ont décidé de continuer malgré la pluie. Sniff! Sniff! Encore des deuils.

Je reste avec Roberto, un Italien (62 ans) qui parle bien le français et qui a décidé de me soigner les pieds. Je le laisse faire et cela a l'air de marcher (jeu de mot).

Savez-vous comment reconnaître un peregrino (un pèlerin) le soir? Et bien, il marche tout croche mais il a un sourire sur le visage !


Messages en rafales:

Moez, quand le téléphone sonne, réponds, c'est peut-être moi. (J'ai essayé deux fois) J'aimerais bien entendre ta voix!

Marie-Anick, tes bâtons sont très utiles mais les flèches jaunes que tu m'as laissées le sont encore plus. Merci!

Maman, le lavage à la main n'était pas ma tasse de thé et bien cela ne s'améliore pas : J'HAΪS ÇA.

France et Isabelle, hier quand je me suis arrêtée avec les deux Canadiens et l'Espagnol, ils ont pris des beignes. La dame a expliqué Pedro que nous avions une chaîne Tim Horton's. Pourquoi est-ce que j'ai pensé à vous? Prenez un cappuccino glacé à ma santé. (comme si vous aviez besoin d'une excuse).

Jean-François, je n'ai pas apporté de Ipod et de MP3. J'écoute la nature et je suis surprise, une cloche dans le cou d'une vache, une grenouille, le vent dans le blé, l'eau des fontaines, les cloches des églises... je ne m'ennuie pas de ces gadgets...

Lisette, je m'ennuie de nos petites marches faciles.

Odette, bonne semaine en Gaspésie! Du bénévolat... c'est bien ton genre... tu vas passer une semaine bien agréable!

Tatie, Tatie, est-ce que tu voulais te venger du coup de téléphone sous la douche, car hier tu as marché avec moi et j'ai eu droit à un orage... je suis certaine que tu vas bien rire. Bon maintenant, nous sommes quittes.


Envoyé : 18 juillet 2006
Objet : Enfin, Internet!

Le 17 juillet 2006

Salut à tous,

Eh bien, qu'est-ce que je peux vous dire depuis mon dernier message (12 juillet) ?

Je ne trouve pas Internet à chaque arrêt et à deux reprises, le système de la commission scolaire ne fonctionnait pas.

Bref, le 16 juillet fut une journée très pénible pour moi. Depuis que j'ai quitté Burgos, le chemin est très monotone et ennuyant. Car tout est plat et tout est pareil. Le chemin est bien droit et on voit très loin devant nous et cela n’est pas intéressant car tout semble proche mais en fait, tout est bien loin. Le 15 juillet et le 16 juillet, j'ai marché toute seule sans parler à personne, ajouté à ça le chemin... J'ai trouvé la balade très triste et longue. Même les refuges sont nuls et sans histoire.