06 juin 2006

J'avance...

Le 20 juillet à El Burgo Ranero, en cherchant l’auberge, il y a une auto qui s’est arrêtée à côté de moi ; le chauffeur a descendu sa vitre pour me parler. Je sais que où que je sois sur la planète, plusieurs touristes me demandent leur chemin. Mais là, j’avais vraiment l’air d’une peregrina. Et non, le monsieur ne voulait pas savoir son chemin, mais plutôt me laisser une prière avec sa signature au verso, c’était un père. Il m’a écrit « Bon voyage» en français ! Sympathique oui, mais quand j’ai vu qu’il roulait en BMW… je me suis dit que les collectes étaient bien payantes dans le coin. J’ai quand même gardé sa prière avec moi.

L’auberge était magnifique. Plusieurs auberges ont un petit quelque chose de bizarre qui les caractérise. Et bien, ici, c’est qu’aucune chambre n’avait de plafond. Nous avions un toit cathédrale commun. C’était très beau mais pas très pratique parce que le bruit voyageait beaucoup.

Le lendemain, Nicole, Françoise et moi avons pris la route de bonne heure et nous avons rencontré Geneviève, ayant près de 60 ans, qui ne semblait pas aller bien. Tu parles, elle était en plein soleil et elle parlait au téléphone. Je lui ai demandé comment elle allait et elle m’a dit «bien». Nous nous sommes regardés et nous ne l’avons pas cru.

Nous l’avons prié de marcher avec nous jusqu’à Leòn. Elle a fini par accepter. Nous sommes maintenant quatre et pour bien amorcer cette rencontre, nous nous arrêtons dans un champ avec un but de soccer. Nous avons échangé biscuits, chocolat et de méga fous rires.

Geneviève nous a expliqué pourquoi elle marchait. Elle avait commencé le chemin l’année dernière avec son mari et avant de mourir, il lui a demandé de finir le chemin pour lui. Donc, nous l’avons trouvée bien triste. Heureusement, avec nous, elle a ri comme cela faisait longtemps.

En arrivant à l’auberge à Mansilla de las Mullas, je me suis fait engueuler par un vieux qui n’était pas content que je sois rentrée dans la salle de bain. Monsieur avait décidé que c’était la salle de bain des hommes et pourtant, aucune affiche ne le laissait croire. Et bien, en 20 minutes je me suis présentée à deux reprises… comme ça il a pu crier après moi pour la peine. Vous allez être surpris car je n’ai rien dit, mais mon non verbal parlait pour moi.


Le 22 juillet 2006

Nicole, Françoise, Geneviève et moi sommes parties en direction de Leòn et nous avons appris que Geneviève avait reçu comme cadeau d’anniversaire de son frère une nuit au Parador San Marcos de Leòn. Le Parador, c’est un monument historique de grande importance.

Vous ne serez pas surpris si je me suis invitée à faire une petite visite dans les luxueux corridors de cet hôtel. J’avais l’impression d’être dans un château. Il y avait une église attachée à ce monument et il y avait un mariage, c’était de toute beauté. Merci Geneviève pour cet apéro dans cette belle chambre. J’ai rapporté avec moi la brosse à dents et le dentifrice qu’on donnait dans la salle de bain. Une vraie gamine !

Nous sommes rentrées à pied (surpris!) avec Nicole et Françoise et c’était notre dernière nuit ensemble car le lendemain je partais. J’ai vécu ce deuil bien difficilement. Se retrouver seule après avoir tant partagé fut bien pénible et lourd. Sniff ! Sniff !



Envoyé : 23 juillet 2006
Objet : Ça marche !

Bonjour à tous,

Je suis dans un petit village juste après León. Il y a des problèmes qui partent et d'autres qui arrivent. Mes douleurs musculaires sont bien contrôlées avec les médicaments mais je crois que je vais perdre l'ongle d'un orteil. On verra! Et mes problèmes de talons sont de retour... (/&$$&/()=?(/$$·(==

Le paysage a changé et c'est beaucoup mieux. Le dimanche, rien n'est ouvert ici. Par contre, j'ai trouvé un genre de boulangerie et il ne restait plus rien. J'ai pris une boîte de thon et du pain, sans beurre ni mayonnaise... un peu sec mais j'ai le ventre plein!

À tous les jours je vois des cigognes et c'est vraiment magnifique, leur chant est très surprenant.

J'ai malheureusement quitté les surpermamies. Elles voulaient une journée de repos et moi je voulais continuer.

J'ai déjà marché 333 kilomètres, mais le plus dur reste à faire avec des montées de quelques centaines de mètres d'altitude. J'ai calculé qu'il me reste environ seulement 16 jours de marche et il me reste 18 jours de voyage. Je trouve que cela n'est pas bon signe si je me mets à compter, mais en même temps cela me rassure.

Je viens de voir un lit à 3 étages… je suis restée bouche bée devant ce spectacle. Je vais essayer de mettre une photo sur mon site.

Moez, si tu as des nouvelles d'André dis-lui qu'il trouvera mes messages sur son adresse du collège. Comment vas-tu? Que fais-tu de tes journées.... Internet sûrement? Donne-moi de tes nouvelles?

C'est bon pour les autres aussi. J'aimerais bien savoir comment vous allez tous.

Jacques D. êtes-vous prêt pour une autre balade, car mardi le 25 juillet prochain c'est la St-Jacques et je me suis dit que c'était votre journée. Je vais vous mettre en petite boule, dans la poche du dessus, pour que vous puissez voir du paysage et hop! pour une balade...

Marthe avez-vous mangé des légumes du jardin?

Gilles et Sonia, rendez-vous au Palacio de Cortes vendredi prochain!

Tatie, c'est bien que le téléphone ait coupé, car je n'aurais pas été capable de parler de mon père...

Au fait, aujourd'hui cela fait 5 ans qu'il est décédé... une pensée pour lui!

Martine, ton anniversaire approche, JOYEUX ANNIVERSAIRE! En même temps cela fera un pense-bête pour Daniel!

Daniel, que fais-tu de tes journées... tu es bien silencieux.

Châteauguay, êtes-vous morts ? Aucune nouvelle depuis mon départ! Êtes-vous tout simplement en vacances?

Manon et Misko, comment allez-vous?

Odette, es-tu de retour de ta semaine... j'ai bien hâte de te lire. Au fait, j'ai marcher pour toi le 19 juillet dernier. En fait, pour toi et Luc.

Jean-François P., comment vas-tu avec les cours d'été? Remarque que c'est peut-être fini.

Normand, est-ce que tu t'en sors... courage et pense à moi qui marche, marche et marche encore.

Christiane, tu as bien fait d'enlever tes talons hauts car le chemin avait beaucoup de roches, mais la balade fut bien belle avec toi.

Pierre Major, c'est ton tour demain (lundi 24 juillet) tu es sûrement au chalet.

Voilà, je retourne à mon livre et au plaisir de vous lire.
Carine