06 juillet 2006

Faire confiance à la vie

Envoyé : 12 juillet 2006
Objet : Coucou!

Bonjour,

Après vous avoir écrit le 11 juillet en après-midi, je suis partie en ville chercher des compeeds (pansements). Quand je suis revenue à l'auberge, il y avait un camion de la municipalité avec trois infirmiers venus exprès pour soigner les pieds des peregrinos.

Je dis toujours qu'il faut faire confiance à la vie. Elle vient me donner encore raison!

Après une demi-heure de soins, j'avais les pieds bien équipés de rubans. Quand j’ai demandé à l’infirmier si je pouvais avoir un billet pour me permettre de rester une nuit de plus à l’auberge, il m’a dit que je pouvais marcher sans problème. Donc, j'ai décidé de continuer à marcher. Je venais de rencontrer Hélène, une Suisse allemande, qui enfin parlait le français et Pedro, l'Espagnol, qui est avec moi depuis une journée. Et surtout, je suis contente de rester avec le groupe.

On m'a dit que le chemin se faisait en 3 étapes:

la première c'est pour le corps,
la deuxième pour l'esprit,
la troisième pour la spiritualité.

Luc, est-ce aussi ce qu'on raconte sur le chemin en France? J'ai bien hâte d'arriver à la deuxième étape !

Quand je me faisais soigner les pieds, il y avait un gars (Knut, norvégien) de l’autre côté de la table qui se faisait soigner aussi mais qui avait l’air de trouver ça très douloureux. Pour faire diversion, je lui ai dit de me parler (toujours en anglais). Il m’a demandé parler de quoi et je lui ai dit ce que tu veux. Il a compris ce que je voulais faire et il s’est mis à chanter et nous avons ri jusqu’à la fin des soins.

Je croise beaucoup de gens : Espagnols, Italiens, Hongrois, Allemands, Norvégiens, Canadiens, Vénézueliens.

La première fille avec qui j’ai parlé l’espagnol s'appelle AYARI, elle était un rayon de soleil et très gentille. Elle me faisait répéter après elle, bref elle était vraiment agréable. Figure-toi qu'elle a dû quitter le chemin, car elle a reçu un message sur son cellulaire que son neveu avait été tiré dans une rue au Venezuela. Donc, elle a pris le train et l'avion et je ne l’ai pas revue. Il y a plein d'histoires étranges sur le chemin.

Quand je suis arrivée à Hornillos del Camino, j’ai eu la surprise de voir Knut et son ami sur les marches de l’église. Quand il m’a vu, il s’est mis à chanter et à danser la claquette pour me montrer que ses pieds allaient mieux. Il m’a fait une bassine d’eau chaude avec du sel et du vinaigre pour relaxer mes pieds.

Finalement, nous avons soupé tous les trois ensemble. Soit Knut, son ami Paul et moi, nous avons beaucoup, beaucoup, beaucoup ri pendant le repas (toujours en anglais). J'étais triste de les quitter au matin. Knut m'a vraiment ravie... Juste de l'avoir rencontré, cela a fait ma journée et son souvenir restera longtemps dans ma tête. J’ai su qu’il était comédien dans son pays et je n’avais pas de misère à le croire.


Le 13 juillet

C'est la première fois que je marche et que mes pieds vont mieux. Ouf!

J'ai ralenti mon rythme. Aujourd'hui seulement 11 kilomètres mais quels kilomètres!

Il y avait des champs à droite, à gauche, en avant, en arrière et un ORAGE. Nous étions en train de traverser la Meseta. Nous avons eu peur car si la foudre tombait, comme il n’y avait rien en hauteur, on aurait dû se coucher par terre car nous étions les seuls debout. Nous, c’était Pedro, Hélène, Roberto et moi. À la première auberge, je me suis arrêtée et je ne suis jamais repartie. Mouillée, tu dis? Et que fait des pieds mouillés, des ampoules. Je ne voulais surtout pas en avoir de nouvelles, car les vieilles commençaient à perdre des watts.

Dernier au revoir à Knut, car il était dans le café lorsque je suis arrivée. Nous avons tous pris le petit déjeuner ensemble et lui, son ami, Hélène et Pedro ont décidé de continuer malgré la pluie. Sniff! Sniff! Encore des deuils.

Je reste avec Roberto, un Italien (62 ans) qui parle bien le français et qui a décidé de me soigner les pieds. Je le laisse faire et cela a l'air de marcher (jeu de mot).

Savez-vous comment reconnaître un peregrino (un pèlerin) le soir? Et bien, il marche tout croche mais il a un sourire sur le visage !


Messages en rafales:

Moez, quand le téléphone sonne, réponds, c'est peut-être moi. (J'ai essayé deux fois) J'aimerais bien entendre ta voix!

Marie-Anick, tes bâtons sont très utiles mais les flèches jaunes que tu m'as laissées le sont encore plus. Merci!

Maman, le lavage à la main n'était pas ma tasse de thé et bien cela ne s'améliore pas : J'HAΪS ÇA.

France et Isabelle, hier quand je me suis arrêtée avec les deux Canadiens et l'Espagnol, ils ont pris des beignes. La dame a expliqué Pedro que nous avions une chaîne Tim Horton's. Pourquoi est-ce que j'ai pensé à vous? Prenez un cappuccino glacé à ma santé. (comme si vous aviez besoin d'une excuse).

Jean-François, je n'ai pas apporté de Ipod et de MP3. J'écoute la nature et je suis surprise, une cloche dans le cou d'une vache, une grenouille, le vent dans le blé, l'eau des fontaines, les cloches des églises... je ne m'ennuie pas de ces gadgets...

Lisette, je m'ennuie de nos petites marches faciles.

Odette, bonne semaine en Gaspésie! Du bénévolat... c'est bien ton genre... tu vas passer une semaine bien agréable!

Tatie, Tatie, est-ce que tu voulais te venger du coup de téléphone sous la douche, car hier tu as marché avec moi et j'ai eu droit à un orage... je suis certaine que tu vas bien rire. Bon maintenant, nous sommes quittes.


Envoyé : 18 juillet 2006
Objet : Enfin, Internet!

Le 17 juillet 2006

Salut à tous,

Eh bien, qu'est-ce que je peux vous dire depuis mon dernier message (12 juillet) ?

Je ne trouve pas Internet à chaque arrêt et à deux reprises, le système de la commission scolaire ne fonctionnait pas.

Bref, le 16 juillet fut une journée très pénible pour moi. Depuis que j'ai quitté Burgos, le chemin est très monotone et ennuyant. Car tout est plat et tout est pareil. Le chemin est bien droit et on voit très loin devant nous et cela n’est pas intéressant car tout semble proche mais en fait, tout est bien loin. Le 15 juillet et le 16 juillet, j'ai marché toute seule sans parler à personne, ajouté à ça le chemin... J'ai trouvé la balade très triste et longue. Même les refuges sont nuls et sans histoire.